Actualité et réforme
Taxe foncière à Paris : pourquoi elle a autant grimpé
Par Me Gary Cahn, avocat fiscalisteMis à jour le 3 min de lecture

En bref : en 2023, Paris a voté une hausse de son taux de taxe foncière de près de 52 %, après des années de stabilité. Combinée à la revalorisation forfaitaire annuelle des bases (qui s'applique à toutes les communes), cette décision a fait bondir la facture des propriétaires parisiens en quelques années. Mais une part de cette taxe dépend aussi de la valeur locative de chaque bien : un paramètre individuel, vérifiable et contestable.
Pendant longtemps, Paris affichait l'un des taux de taxe foncière les plus bas des grandes villes. Ce n'est plus le cas. La décision de 2023 a marqué une rupture, et beaucoup de propriétaires parisiens ont vu leur avis s'alourdir sans toujours comprendre la mécanique. La voici, décomposée.
Une hausse de taux historique en 2023
Le principal déclencheur est une décision municipale : en 2023, le taux de taxe foncière parisien a augmenté de près de 52 %, mettant fin à une longue période de stabilité. Cette hausse de taux a un effet direct, car la taxe se calcule en multipliant une base (la valeur locative) par les taux votés par les collectivités. Faire bondir le taux, c'est faire bondir la taxe, mécaniquement.
L'effet cumulé avec la revalorisation des bases
À cette hausse de taux s'ajoute un second moteur, commun à toutes les communes : la revalorisation forfaitaire annuelle des bases. Chaque année, l'État réévalue la valeur locative servant de base au calcul, indépendamment de toute décision locale. Sur la même période, ces revalorisations ont été soutenues.
Les deux effets se cumulent : une base réévaluée chaque année, multipliée par un taux qui a fait un bond. C'est ce double mouvement qui explique l'ampleur ressentie par les propriétaires, bien au-delà de la seule décision de la mairie.
2027 : une seconde taxe sur les logements vides
À partir des impositions de 2027, un logement vide depuis au moins un an à Paris supporte une seconde taxe, assise sur la même valeur locative : la taxe sur la vacance des locaux d'habitation. Le Conseil de Paris a voté le maximum permis : 30 % de la valeur locative la première année, puis 60 %. Elle ne bénéficie pas de l'abattement de 50 % de la taxe foncière. Selon notre simulation, pour un appartement de 70 m² du 11e arrondissement, taxe foncière et taxe sur la vacance cumulées atteignent 6 974 € par an à partir de 2028, soit 73,7 % de la valeur locative. Une vacance indépendante de la volonté du propriétaire, ou une occupation de plus de 90 jours consécutifs, sort le logement du champ de la taxe. Le calcul complet figure dans notre article sur le logement vacant à Paris.
Ce qui dépend encore de vous
Face au taux, le contribuable n'a pas de prise : il est voté. Mais la base, elle, dépend de votre bien : surface retenue, catégorie, coefficient d'entretien, dépendances, éléments de confort. Or cette base repose toujours, pour les logements, sur des références datant des années 1970, jamais réformées. Plus le taux et la revalorisation montent, plus une erreur d'assiette coûte cher.
Autrement dit, vous ne pouvez rien contre la hausse du taux parisien, mais vous pouvez vérifier que la valeur locative servant de base à votre calcul est correcte. C'est souvent là que se trouve la marge.
Questions fréquentes
De combien la taxe foncière a-t-elle augmenté à Paris ?
Peut-on contester sa taxe foncière à Paris ?
Un logement vide à Paris paie-t-il davantage ?

Me Gary Cahn, avocat fiscaliste
Avocat fiscaliste au Barreau de Paris, cofondateur d'Orka.tax
Cofondateur de Neora Avocats, il a conçu la méthode de préparation des dossiers de réclamation d'Orka.tax.
Ils en parlent